Ouzbékistan

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Situé au cœur de l’Asie centrale entre steppes et collines, l’Ouzbékistan est un carrefour culturel et historique. L’emblématique route de la soie avec ses caravanes de la Chine à l’Occident a forgé une identité au pays qui coexiste entre un art de vivre nomade et des petites seigneuries indépendantes.

Présentation de l'Ouzbékistan

Paysages

Culture et société

Histoire

Autres sources d'informations

Paysages

Zones géographiques

La surface de l’Ouzbékistan s’étend sur environ 444 103 km² (dont environ 22 000 km² d'eau) et est partagée entre une plaine désertique, des bassins et des oasis et dominée à l'est par des montagnes. Le pays s'étend sur 1 425 kilomètres d'ouest en est et 930 kilomètres du nord au sud. L'Ouzbékistan, l'un des plus grand pays de l'Asie centrale, possède une frontière commune avec le Kazakhstan,  le Turkménistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Afghanistan.

La moitié occidentale du pays est le domaine des grandes étendues désertiques. Au centre s'étend la plaine aride et sableuse de Kyzyl Koum (signifie "sable rouge"). Vers l'ouest, au-delà du delta de l'Amou-Daria, se trouve le plateau du désert d'Oustiourt.

Environnement naturel et climats:

Le climat se caractérise par des variations de température considérables. L'amplitude thermique peut atteindre 20°C. Il existe également d'importantes différences entre les zones désertiques et montagneuses. En plaine, le climat est agréable de mai à début juin et de septembre à début octobre. En été, les températures sont étouffantes : il fait plus de 40°C à Tachkent, et 50°C dans le sud du pays. En hiver (janvier-février), les températures diurnes oscillent entre 5 et 10°C. Les conditions climatiques favorisent l'extension de la végétation de désert et de semi-désert.

Asséchés par une irrigation à outrance en raison d'une production intensive du coton, les deux fleuves qui alimentaient la mer d’Aral se tarirent, ce qui entraîna une pollution atmosphérique nuisible pour la faune et la flore de cette région ainsi que  pour l’industrie locale de la pêche. La flore ouzbek reste néanmoins riche du fait de la diversité des climats, de l’altitude et de la latitude du pays.

Faune:

L’Ouzbékistan possède une faune très variée dont notamment l’antilope Saïga une espèce de mammifère très rare. En dépit de la partie semi-désertique du territoire, on rencontre des gazelles, des rapaces, des varans, des scorpions et des serpents. Dans les montagnes, on trouve le fameux léopard des neiges, des ours, des chamois et des lynx. La faune qui peuplent les steppes est elle aussi très variée : troupeaux de gazelles et d’antilopes, marmottes, rongeurs et les saïgas. Mais les programmes d’irrigation des sols à proximité de la mer d’Aral ont particulièrement dévasté les sols en polluant l’eau, troublant ainsi la vie animale.

Zones environnementales protégées :

Parmi les nombreuses réserves naturelles en Ouzbékistan, la réserve de Bala Tugaï située à l’ouest de Bérouni, sur les rives de l’Amou Daria, abrite de très nombreuses espèces sur près de 7000 ha : cerfs, loups, léopards des neiges…

Déserts de montagne, de sable et de pierre :

Autrefois étape incontournable de la route de la Soie, le désert de Kyzyl Koum s’étend sur la majorité du pays et signifie « sable rouge » en ouzbek. C’est d’ailleurs le plus grand désert d’Asie Centrale. Les deux fleuves Amou-Daria et Syr-Daria encadrent ce vaste désert qui contraste avec les paysages de la vallée de Ferghana entourée de hautes montagnes (massif du Pamir) et les villes de Samarcande et Boukhara situées dans de grandes oasis.
S’alternent ainsi vallées fertiles, montagnes et déserts, avec à l’ouest du pays de grandes étendues de steppes et de déserts.

Culture et société

Traditions :

L’artisanat ouzbek est très riche et se caractérise par la pratique de la céramique dans la vallée de Ferghana, par la fabrication de soie multicolore et de tissus brodés. A la croisée des influences orientales et occidentales, l’artisanat ouzbek mêle subtilement motifs profanes et religieux et reflète la richesse de ses traditions séculaires (bijoux en or ciselé, batiks en soie, céramiques, broderies…).   

Il existe de nombreuses spécialités culinaires ouzbèk, mais le plat national est le och, ("plov" en russe) cuisiné à base de riz sauté et de viande de mouton ou de bœuf même si les recettes peuvent varier selon les régions. C’est également le plat servi pour de grandes occasions telles que la fête de Navrouz (nouvel an oriental), la fin du ramadan, les mariages…
Parmi les spécialités culinaires, citons le chachlik, brochettes composées de six morceaux de viande et de gras (viande de mouton, de bœuf ou de poulet) et les kebabs, pièces de viande hachée moulées autour de la brochette. Les laghmans sont des plats de nouilles sautées ou en soupe et les manty sont des raviolis garnis à la viande.
Dans les bazars, on trouve une abondance de fruits et de légumes, provenant de la vallée de Ferghana et on peut y goûter tous les plats typiques ouzbèk.
La coriandre, l’aneth et le persil sont très souvent utilisés pour parfumer les plats, qu’il s’agisse de soupes, de salades ou de viandes.  
Côté boissons, le thé est une institution dans la culture ouzbèk : il peut être servi toute la journée et est associé à certaines règles de cérémonie.

Le kourach et le oulak sont les deux sports traditionnels ouzbèks. Le kourach est un ancien sport de lutte, autrefois pratiqué par les soldats de Tamerlan. Le oulak met en jeu deux équipes de cavaliers qui doivent s’emparer d’une carcasse de bélier décapité et l’amener dans le camp adverse. C’est un jeu qui se pratique lors de grandes occasions telles Navrouz (nouvel an oriental).

Population :

C’est le pays d’Asie central le plus peuplé avec 28 millions d’habitants dont 21 millions sont ouzbèks. Les autres nationalités sont représentées par les nations frontalières (Kazakhs, Tadjiks, Kirghizes, Turkmènes, Russes, Ukrainiens, Tatars, Arméniens…)

Economie :

Les principales ressources du pays sont l’agriculture et l’industrie. 38 % de la population active est employée dans l’agriculture du coton (4e exportateur mondial), des fruits, des vignes et des élevages. L’Ouzbékistan dispose aussi d’importantes richesses minières (gaz, pétrole…) qui a permis au pays de s’industrialiser au sortir de la guerre, notamment car les investisseurs étrangers se sont implantés pour exploiter ces ressources.
La situation évolue favorablement pour l’économie du pays mais les changements sont lents : depuis 2003, la monnaie locale est enfin convertible ce qui favorise les investissements étrangers (notamment les russes depuis l’amélioration des relations entre les deux pays).

Régime politique :

L’Ouzbékistan fait partie de l’organisation économique internationale appelée CEI (Communauté des Etats Indépendants) : il s’agit d’une république. Depuis l’Indépendance, le pays est dirigé par le président Karimov, ancien dirigeant du parti communiste et fondateur du parti populaire démocratique, mais tous les partis d’opposition, même modérés sont interdits et les courants à caractère islamistes réprimés.

Histoire

Histoire:

Situé au carrefour des grandes routes de communication et de commerce, l’histoire de l’Ouzbékistan s’illustre par des migrations et des flux de populations au fil des civilisations :

Les perses, les grecs et les nomades : Les principaux peuples iraniens d’Ouzbékistan furent les Sogdiens (Samarkand qui fut fondée au Ve s avant J.-C. et Boukhara) et les Bactriens (Ouzbékistan du sud et Afghanistan du nord). Au nord habitaient les Sakas et les Massagètes, des tribus nomades iraniennes  majoritairement agricultrices et qui vivaient en communauté de l’artisanat et du commerce. Le nomadisme se développa surtout dans les régions montagneuses à cette époque. Alexandre le Grand conquit la Sogdiane et la Bactriane en 327 avant J.-C. et il fonda la ville de Termez avant de prendre aussi la citadelle qui se trouvait à la place de Tachkent.
La ville Sogdiane de Samarcande devient une plaque tournante de la Grande route de la soie entre la Chine et l'Europe et ouvre la voie à un commerce qui fit la fortune et la renommée de cette région.

Successivement, le territoire appartint aux perses, aux Huns, aux Turcs puis aux Arabes qui instaurèrent, à leur arrivée en l’an 712, l’Islam. L’héritage religieux est encore aujourd’hui très présent (l’islam sunnite) avec 90% de la population de confession musulmane. 
En 1220, Gengis Khan prend Samarcande à la dynastie turque des Qarakhanides qui régnait jusqu’alors ; puis arrive à sa succession, son fils Tchagataï.
La grande figure historique, Tamerlan (ou Amir Timur), apparaît au XIVe siècle et construit un vaste empire à travers l’Asie centrale, jusqu’à sa chute en 1507. L’empire est alors repris par les Ouzbeks avec la dynastie des Chaybanides.

A la fin du XIXe siècle arrive l’ère russe. Les Russes s’emparent de toutes les grandes villes d’Asie centrale, dont Tachkent (1865), Samarcande (1868) et Khiva (1873). Les différents territoires conquis furent réunis dans une République socialiste soviétique d’Ouzbékistan en 1924 qui intègre l’URSS l’année suivante. La période stalinienne entraîne la collectivisation et les purges dans toute l’Asie centrale dans les années 30 et 40. L’une des politiques soviétiques en faveur d’une agriculture intensive du coton en Ouzbékistan ravagea notamment la région et la mer d’Aral (pollution, désertification, faune et flore atteintes…).
L’Ouzbékistan proclame son indépendance en 1991 à l’effondrement de l’Union soviétique. Arrive au pouvoir le président autoritaire, Islam Karimov, ancien dirigeant du Parti communiste de la république. Il règne encore au pouvoir plus de 20 ans après.

Les grandes personnalités:
  • Tamerlan ou « Timur le Boiteux »
    Connu en Ouzbékistan sous le nom d’Amir Timur (« l’Emir de Fer »), il est l’une des plus grandes figures historiques du pays, grand conquérant du XIVe siecle.
  • Al-Khorezmi (780-850)
    Théoricien de l’algorithme (mot dérivé de son nom traduit en latin Algorismus), l’un des pères de l’Algèbre qui popularisa notamment l’utilisation des chiffres arabes.
  • Al-Ferghani (IXe siècle)
    Grand astronome, natif de la vallée de Ferghana, dont l’un de ses traités fut traduit en latin au XVIIe siècle.

Autres sources d'information

Bibliographie :
  • Les dynasties musulmanes, C. E. Bosworth, Actes sud, coll. Sinbad, 1996
  • L'Asie centrale. Histoire et civilisations, Jean-Paul Roux, Fayard, 1997
  • Uzbekistan. Heirs to the Silk Road, Johannes Kalter and Margareta Pavaloi, Thames and Hudson, 1997
  • Asie centrale : Kirghizistan, Ouzbékistan, Françoise Spiekermeier, Arthaud, 2001
  • Ouzbékistan : la croisée des chemins, Catherine Poujol, Belin / La Documentation française, 2005
  • Atlas des peuples d'Orient. Moyen-Orient, Caucase, Asie centrale, Jean Sellier et André Sellier, La Découverte, 1993
  • Histoire de l'Asie centrale, Vincent Fourniau, Presses universitaires de France, Paris, 1992
  • Routes de la soie : des déserts de l'Asie aux rives du monde occidental, vingt-deux siècles d'histoire, Jacques Anquetil, J.-C. Lattès, 1992
  • Les Parthes et la route de la soie, Emmanuel Choisnel, L'Harmattan / IFEAC, 2004
  • Ouzbékistan, au cœur des routes de la soie, Sergio Cozzi, Didier Labouche, Géorama, 2001
  • Empire des steppes : Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, René Grousset, Payot, 2001
Filmographie:
  • Avant le lever du soleil, de Soleiman Khodjaev, 1933
  • Tachkent, ville de pain, de Shoukhrat Abassov, 1968
  • Baie amère, de Kamara Kamalova, 1975
  • Le Coquillage, de Denguiz Tchiganogui, 1991
  • Les garçons dans le ciel, d’Osmondagui Bolalar, 2002

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